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Tag - accouchement

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jeudi, 8 mai 2014

La naissance de Timinion

Reprenons les choses au début de l’histoire…

Timinion était donc attendu le 24 avril au maximum. Et le 24 personne.

Le 18, j’aurais bien aimé accoucher, ça aurait été rigolo pour le premier anniversaire de Naïm.

Le 19, j’aurais bien aimé accoucher, pour les anniversaires de mon mari et de mon amie. J’y ai presque cru. Le matin perte du bouchon muqueux, je me suis dit que ça travaillait un peu. J’avais eu pas mal de contractions la veille dans la soirée. J’ai espéré. Mais non.

Le 22, premier rendez-vous à l’hôpital pour visite de terme.

Le 24, deuxième rendez-vous à l’hôpital pour visite de dépassement de terme. Ils m’ont mis la pression. J’aurais bien aimé accoucher pour les 10 ans de Hina.
Heureusement la journée fut bien chargée et je n’y ai pas trop pensé.
Au fil de la journée j’ai eu quelques contractions, comme les jours précédents. Quand on était à Royal Kid j’en ai enchainé quelques unes, mais rien de bien sérieux.
En rentrant à là maison, je perd quelques chose, ça ressemble un peu au bouchon muqueux, mais un peu plus liquide. Je ne me fais pas de films, je n’y crois plus de toutes façons.
On mange, je sens un peu plus les quelques contractions, il est 22h quand je me prend à espérer. Je commence à avoir besoin de m’étirer, de me pencher en avant quand elles arrivent. Je dois être debout. Claire est toujours là, elle m’observe.
A 23h je vais aux toilettes, je me vide. J’y reste un moment, environ un quart d’heure, et j’ai enchainé trois contractions. Je souffle, me tend, me penche… Ça pique un peu quand même… Je commence à prendre les granules prescrit par la sage-femme.
Claire propose de déposer les filles chez maman en partant. J’accepte, j’appelle maman pour la prévenir. Elle venait de se coucher. Pas de problème, elle les attend.
Les filles partent, je les sens inquiètes, impatientes… Claire est toute émue et me fait pleurer en me serrant dans ses bras avant de partir. Elle me glisse à l’oreille de ne pas oublier de souffler, j’ai tendance à bloquer ma respiration. Elle dit aussi que je devrais partir à la maternité.
Pour moi c’est bien trop tôt, les choses commencent à peine. Je ne veux pas arriver trop tôt et attendre des heures que le travail se fasse. La naissance de Jaya m’a bien refroidie. On m’avait mise en garde sur un accouchement rapide tout du long de ma grossesse, et ça n’a pas été le cas. Donc cette fois-ci je suis parée, je sais qu’un accouchement prend du temps.
Donc je vais sous la douche, ça me fera certainement du bien. Patrice me fait les points d’accupression  que la sage-femme nous a montré, dans le bas du dos. Ça me fait vraiment du bien, ça me soulage. Je me suspend à la douche, l’eau qui coule sur mon ventre me fait du bien, les pressions de Patrice me soulagent le dos. Entre les contractions on parle, je baille fatiguée de cette journée marathon… Je me dis que je vais avoir bien du mal  à tenir et à trouver l’énergie nécessaire pour affronter les prochaines heures qui s’annoncent longues. Patrice fini par me dire qu’il a peur que j’accouche ici, il veut qu’on parte maintenant. Je fini par le suivre, j’étais si bien là..
Apparemment les contractions se sont rapprochées et sont maintenant toutes les 3 minutes. Je ne suis pourtant pas restée si longtemps dans la douche. D’après chéri un quart d’heure, vingt minutes maximum.
Il pleut dehors, il y a de l’orage.
La voiture est une horreur ! Je suis assise, Patrice ne peut plus soulager mon dos. Je ne peux pas non plus me tendre ni me pencher en avant comme je le faisais avant. Il s’arrête à chaque contraction, les mouvements de la voiture amplifient la douleur. Je fini par me mettre à genoux sur le siège, mais la contraction qui suit est super forte, j’attrape le bras de Patrice, je sers ! Je sens qu’il ne faut pas que je reste ainsi, c’est un coup à accoucher dans la voiture.
Je me rassois.
Je souffle toujours, je pense à Claire qui m’a dit de ne pas bloquer. Je ne bloque pas.
Je pense à la sage-femme qui nous a dit de ne pas anticiper la douleur. Je n’anticipe pas.
Je pense à la sage-femme qui nous a dit de se détendre avant la fin de la contraction, quand la douleur commence à redescendre. Je me détend.
Je pense à la sage-femme qui nous a appris à décontracter le périnée pendant les contractions. Je décontracte.
Je pense à mon bébé qui a besoin d’être bien oxygéné et qui subi tout ça sans rien pouvoir faire…
On fini par arriver à l’hôpital, après un long trajet de 50 minutes au lieu de 20. Les contractions s’enchainent, elles sont maintenant très fortes et très rapprochées. Toutes les minutes d’après chéri. Je ne regarde pas l’heure, je suis bien trop occupée pour ça. J’ai chaud ! Affreusement chaud. Je suis en sueur, j’ai d’ailleurs jeté mon gilet dans la voiture. Patrice s’arrête près de l’entrée des urgences, il doit être environ 1h du matin.
Il m’aide à sortir de la voiture, à peine debout une contraction arrive, je me suspend à lui. Il pleut, ça me rafraichi, ça fait du bien. La contraction passe, on file à la porte des urgences, un gars qui patiente nous ouvre, nouvelle contraction. Je me suspend à nouveau, je crois que je commence à crier, j’ai mal, et le bébé arrive.
L’aide-soignante arrive et veut que je m’asseye sur un fauteuil roulant. Je refuse, elle insiste, je lui crie que je ne m’assiérais pas, le bébé arrive !
Elle part et reviens avec un brancard. Elle me dit de m’allonger, je refuse à nouveau. Les deux infirmières sont arrivées, Patrice repart à la voiture qu’il a laissé portes ouvertes et moteur tournant.
Je fini par grimper sur le brancard, mais à quatre pattes, je leur fait relever le dossier à fond et je m’accoude dessus. Patrice reviens.
L’aide-soignante, que je n’avais pas vue partir, reviens avec le kit d’accouchement. L’infirmière me reconnait.
Et nous voilà partis à travers les couloirs, elles courent pour m’emmener à la maternité, je crie pendant les contractions, ça fait mal, il arrive, il veut sortir. Je ne crois pas qu’on pourra arriver là-bas. Ça fait du vent, ça fait du bien. Elles ne s’arrêtent pas pendant les contractions, putain que j’ai mal ! Il sort !
On arrive à la maternité, où on nous attend, je crois que le passage de brancard se fait en courant, virage, et salle d’accouchement.
Passez sur la table madame ! NON ! Je ne peux pas, il est là, déshabillez-moi !
C’est la poche des eaux qui sort ! Bon, on reste sur le brancard, allez-y vous pouvez pousser.
Je ne peux pas pousser, j’en suis incapable. De toutes manières il descend tout seul. Il me fait mal, vraiment très très mal, il va tout déchirer, il me fait affreusement mal au rectum ! (autant préciser que je ne l’ai pas dit avec ces mots là !) Je crie encore plus, Patrice pose son bras devant moi, je le mords !
Enfin il est là, tout s’arrête, je suis toujours à genoux sur mon brancard, je vois que la sage-femme met le bébé emmailloté dans les bras de Patrice. Je les regarde, mon homme, mon bébé, et j’ai les larmes aux yeux. C’était l’accouchement parfait, celui que je n’avais même pas osé rêver. Je le dis à Patrice. C’était magique. J’entend quelqu’un dire qu’il est 1h10. 

Je peux enfin passer sur la table d’accouchement. Je m’allonge. Il y a du monde autour de nous ! Deux sages-femmes, deux auxiliaires… Elles discutent, disent que c’est génial. Je les sens émues elles aussi. Mon bébé est né coiffé. C’est une bonne nouvelle, peu de chances d’avoir attrapé mon fameux streptocoque B.
Il faut maintenant sortir le placenta, l’une des sage-femme vient appuyer sur mon ventre, je lui dégage sa main et lui dit que je ne veux pas qu’elle fasse ça, je vais pousser. Je suis un peu vive dans ma façon de dire les choses, c’est que je ne suis pas encore redescendue. Elle me répond que c’est juste pour voir si il est détaché. On attend un peu. Elle recommence plus tard et me donne le feu vert pour pousser. Je m’y prend à plusieurs fois, mais ça marche, le placenta sort. Je demande à le voir. Patrice s’éloigne, il n’est pas friand de ses choses là. C’est beau, une face rouge et rugueuse, une autre presque blanche avec les membranes qui contiennent le bébé. La maison de notre bébé pendant ces 10 derniers mois !
On me donne mon bébé, il pleure, ça a été violent pour lui aussi. Quand il se calme, elles lui font le prélèvement de liquide gastrique en le laissant sur moi. Il ne pleure pas, pose ses yeux grands ouverts sur le monde qui l’entoure. Il dévore maman des yeux, observe papa très attentivement. On me pose un cathéter au cas où.
On nous laisse seuls. Je savoure.
Une des auxiliaires revient changer mes protections. Je saigne pas mal…
Je met mon bébé au sein, il hésite un moment puis fini par le prendre. Là les contractions reviennent, normal avec la tétée. Ça me fait vraiment mal, je souffle et ferme les yeux quand elles arrivent, comme pendant le travail. C’est que c’est intense. Quatrième enfant, il est normal que les tranchées soient plus douloureuses. Je continue de saigner.
Je demande à Patrice de sonner, il faut à nouveau changer mes protections. L’auxiliaire appelle la sage-femme. Il faut voir si il reste quelque chose dans l’utérus parce que je saigne trop. Toilette en bonne et due forme (bonheur… Heureusement que les hormones ne sont pas encore trop descendues, pas trop de pudeur) elles regardent de près, disent qu’il reste des membranes, il faut les faire sortir. Pour ça, pas de miracle, il faut appuyer sur le ventre. Ça fait atrocement mal, elle appuie vraiment très fort ! Je peste, je jure, j’essaye de lui virer ses mains. Finalement je tiens sa main mais la laisse pousser sur mon utérus douloureux. Des membranes sortent, mais pas assez, on recommence. Putain que ça fait mal ! Ça y est, il y avait plein de caillots de sang qui s’étaient formés et qui empêchaient l’utérus de se rétracter. Je suis instantanément soulagée. Mon bébé tète toujours, et les contractions qu’il provoque sont presque sans douleur. Super.
Elle me pose la perfusion de syntocinon, prévue à cet effet. Patrice rentre à la maison passé 4h. Je resterais sous surveillance jusqu’à 8h du matin. Durant tout ce temps j’ai eu mon bébé sur moi en peau à peau. J’ai perdu environ 600ml de sang.

Akio est donc né le 25 avril à 1h10 du matin.

Il pesait 3kg780 pour 53cm.

Pour vous régaler de notre merveille… C’est par ici.

mardi, 4 février 2014

Eloa, ou la naissance d'un ange...

Le 10 mars 2001

J’ai honte ma chérie, tu as déjà plus de trois mois et je n’ai encore rien écrit. Il va falloir que je me rattrape.

Tu es née le 26 novembre 2000, c’était un dimanche. Mais j’ai l’impression que c’était le samedi. Je m’explique. Mes contractions ont commencé le samedi au petit matin, vers 6 heures. Je ne savais pas que c’était des contractions, je pensais que j’étais malade, j’avais un peu mal au ventre et puis ça passait. C’était quand même assez fort pour me réveiller. Il y avait plus de deux heures d’intervalle. Ca aurait été la première fois que j’aurais été malade en 9 mois.

A 4 heures de l’après-midi les douleurs revenaient plus ou moins toutes les 30 minutes. Là j’avais compris que c’était des contractions, mais je ne pensais pas que ce serait le moment parce que ce n’était pas régulier. Ton père devait partir travailler (il travaille le samedi et le dimanche de 17h à 5h) et n’était pas très motivé pour partir et me laisser seule. Il y a quand même été. Vers 17 heures, j’ai pris une douche parce que la sage-femme m’avait dit que ça calmait les contractions si ce n’était qu’une fausse alerte. J’y suis restée plus d’une heure, à passer de l’eau chaude sur mon gros ventre. Ça commençait sérieusement à se rapprocher mais ce n’était toujours pas régulier : entre 5 et 10 minutes d’intervalle. La douche n’a rien arrêté. Ça faisait maintenant bien mal. A 10 heures du soir j’ai appelé mon père pour lui demander ce qu’il fallait que je fasse. Il a proposé de venir me chercher pour m’emmener chez eux, histoire que je ne sois pas seule. Maman s’est mise à chronométrer mes contractions.

A minuit elles avaient environ 2 minutes d’écart mais n’étaient toujours pas régulières. J’avais sacrément mal. On s’est décidé à aller à l’hôpital. Sur la route papa devait s’arrêter à chaque contraction : la moindre secousse me faisait encore plus mal. Nous sommes arrivés à l’hôpital à minuit et demi. On a mit presque une demie heure à faire un trajet de dix minutes !

Là-bas une dame m’a examinée. Le travail était déjà bien entamé. Mon père est parti chercher Popi. Ma mère est restée près de moi, je ne voulais pas être seule, j’avais tellement mal. Ton père est arrivé quand on allait me faire passer dans la salle accouchement. J’ai rarement été aussi heureuse de le voir arriver.

Vers une heure du matin je suis donc passée dans la salle d’accouchement. Les contractions étaient à leur apogée et je sentais ta tête arriver. J’étais persuadée que ça ne passerait jamais. Et puis au bout de quelques efforts qui m’ont parus énormes et terriblement longs ta tête est enfin passée. Quel soulagement ! Le reste allait se faire tout seul. Une dernière contraction et ce serait fini. Toi tu pleurais déjà. La dernière contraction se faisait attendre, à mon grand soulagement puisque ça me permettait de reprendre mon souffle et de me remettre, mais je voyais les sages-femmes et ton père se regarder. Elle a fini par venir. Tu es sortie.

Ton père a coupé le cordon. Et j’ai eu une magnifique petite fille sur mon ventre.

Quel bonheur de te voir enfin !

De te toucher…

Enfin réunis tous les trois.

La première chose que j’ai remarqué c’est ta petite bouille toute ronde. Au bout de quelques minutes ils t’ont reprise. Popi t’a donné ton premier bain. Après ils t’ont pesé, mesuré, etc. Ils t’ont un peu laissé sous la chauffeuse pour te réchauffer puis t’ont mis un petit bonnet et tu es revenue sur mon ventre. Ils ont posé une couverture sur nous. Nous étions tellement heureux ton père et moi.

Tu es née à 1h42.

Après ils ont laissé entrer mes parents. Ils nous ont dit que tout était normal. Tu mesurais 47 cm et pesais 2kg570. Tu étais vraiment une petite crevette.

Après ils m’ont dit de te faire téter. Il fallait que je te pose à coté de moi et que je me mette sur le coté pour que tu prennes mon sein. Je t’ai regardé, toute petite, toute maigre. Et j’ai dit : “Je ne peux pas, elle a des bras partout, je vais la casser!” Alors c’est la sage-femme qui t’a déplacée.

C’est ainsi que notre aventure a commencé, que nous avons rencontré l’amour, que notre famille a vu le jour, avec la naissance d’Eloa.

jeudi, 22 janvier 2009

Bienvenue au monde Paul

Un petit mot pour partager mon émotion d’aujourd’hui…..

Aujourd’hui est né le petit Paul, fils de mon amie Gladys et de Marco, petit frère de Maelle qui a le même âge qu’Hina.

Je suis très heureuse pour eux, Gladys a vécu un accouchement magnifique au sein de sa maison avec une sage-femme merveilleuse. Marco a participé activement à cette naissance, et Maelle a eu la belle surprise de découvrir son petit frère en rentrant de l’école. Et Gladys qui redoutait d’avoir un garçon (ils ont gardé la surprise) est raide dingue de ce petit bonhomme si beau.

Et moi je suis toute émotionnée par cet évènement, tellement émotionnée que j’en ai pleuré.

J’ai hâte de te rencontrer petit Paul, de voir ma copine, de discuter de tout ça…..

On en a tellement parlé de ce bébé, depuis si longtemps. Et puis, le début des essais une fois les peurs envolées, et voilà ce petit bout qui est là, au creux des bras de mon amie… La magie de la vie….

lundi, 1 décembre 2008

Ce qui me reste de la naissance de Jaya, presque 5 mois plus tard...

Jaya a maintenant 4 mois, et si j’ai gardé un souvenir plutôt amer de cet accouchement je n’ai plus de regrets depuis que je l’ai revécu en rêve. Pas tout ce qui était contractions etc, mais l’arrivée de ma puce, les sensations olfactives qui accompagnent ce moment. J’ai à nouveau ressenti le toucher, l’odeur du bébé qui sort tout juste du ventre maternel, sa chaleur… Et le lendemain à mon réveil je me sentais tellement bien !

Je crois que j’attendais beaucoup de cet accouchement, j’aurais d’abord voulu le faire à la maison, mais personne ne pouvais(voulait) nous accompagner dans ce projet, alors par dépit j’ai fini à l’hopital. Encore une fois Patrice n’a été que spectateur, je n’ai pas trouvé la position pour me soulager, la sage-femme n’était pas assez présente… Et cette annonce: vous êtes à 3, alors que j’étais à 2 depuis un mois déjà. Puis vous êtes à 5, sous entendu vous hallucinez ma pauvre dame, vous pouvez pas encore sentir la tête, vous n’êtes pas sur le point d’accoucher. Quel désespoir à ce moment précis. Mais j’avais raison, j’aurais dû garder confiance en moi, 10 minutes après grand maximum elle était là.
Bref, même si sur le papier c’était pas mal, j’ai encore la sensation d’avoir subi mon accouchement et de ne pas avoir été vraiment actrice. A partir du moment où je suis arrivée à l’hopital je me suis mise en arrière plan, ce n’était plus moi qui prenait les décisions, je n’étais plus maitresse de la situation, j’ai l’impression de m’être mise moi-même en sourdine. J’ai accepté des positions (notemment lors du monitoring) qui ne me convenaient pas, et je n’ai pas eu la force nécéssaire pour reprendre le cours des choses ensuite. Je ne sais pas si je suis bien claire… Et puis ce monitoring qui a duré bien plus que nécessaire, alors qu’il ne captait plus rien…

Peut-on faire encore pire en terme de douleur pour un accouchement physiologique ? La première fois j’ai eu des contractions dans le ventre, j’ai cru que pire douleur n’existait pas. La seconde fois c’était dans les reins, et j’ai révisé ma position : c’est pire que le ventre. Cette fois-ci, forte de mes anciennes expériences je m’étais dis que je connaissais déjà les deux douleurs auxquelles je pouvais être exposée, et que forte de cela je pourrais peut-être mieux gérer la chose. Et voilà que je cumule les deux !!!!
Alors, la prochaine fois, ça sera quoi ?

jeudi, 24 juillet 2008

La naissance de Jaya

Notre belle Titenarikote est là depuis maintenant 15 jours, et je pense qu’il est temps pour moi de mettre noir sur blanc les évènements de cette journée du 8 juillet… Ca ne va pas être facile mais je vais tâcher de le faire au mieux.

Tout commence le 7 juillet. C’est un lundi. J’ai attendu, espéré toute la journée que les choses se déclenchent. Je suis à 3 jours du terme, et mes parents partent en pèlerinage à Lourdes le lendemain matin très tôt. J’aimerais tant qu’ils puissent voir mon bébé avant leur départ. Ils ne reviendront que le dimanche soir… Je commence à me dire que finalement Tinariko attendra peut-être le retour de ses grands-parents pour arriver. Je me fais une raison. Je vais dépasser le terme, c’était d’ailleurs mon angoisse, la seule, tout au long de cette grossesse. 

La journée se passe, j’ai quelques contractions, comme tous les autres jours. Je passe la soirée devant la télé avec Patrice. Toujours quelques contractions, mais rien de douloureux, enfin pas plus que les autres jours… Nous allons finalement nous coucher vers 1h du matin, après avoir regardé Grey’s anatomy. En me mettant au lit je me dis que quand même ça fait un peu mal.

La nuit sera courte. Je m’endors, mais des contractions me réveillent environs toutes les demies-heures. Ca tire dans mon ventre. Je me rendors entre les contractions. Elles ne sont pas trop douloureuses. Et puis finalement elles se déplacent dans les reins, je n’arrive plus à dormir, et de toute manière la position allongée est inconfortable. J’ai bien essayé de me mettre sur le coté, de me plier, de me tendre… ça ne soulage pas les douleurs dans mes reins. Je décide de me mettre assise. Je vais chercher des bd et je m’installe en tailleur dans le lit. Il est 5h du matin. Les douleurs s’intensifient, un coup dans le ventre, un coup dans les reins. Je commence à me dire que peut-être c’est aujourd’hui que le bébé va arriver.

A 6h, n’y tenant plus, je vais prendre deux spasfons, et je me plonge dans un bain bien chaud. Ca devrait faire accélérer la dilatation, et théoriquement soulager un peu mes douleurs. Il y a une horloge dans la salle de bain. Pour la première fois je vais pouvoir regarder quel est l’écart entre les contractions. En rentrant dans le bain elles revenaient toutes les 15 minutes, une heure plus tard quand je suis sortie du bain elles étaient là toutes les 6-7 minutes. Mais le bain n’a pas soulagé les douleurs. Elles sont même plus intenses.

Il est donc 7h, j’estime qu’il est temps d’éveiller Patrice. Je me met à 4 pattes à chaque contraction, ça me soulage un peu. Je réveille donc Patrice, lui disant qu’il faut qu’il s’occupe des filles et qu’il m’emmène à l’hôpital. Me voyant à 4 pattes essayant de maitriser ma respiration, il réalise que ça presse.

A 7h30 les filles sont habillées, et confiées aux voisins (merci à eux!). Pour la petite anecdote, Eloa quand Patrice l’a réveillée, lui a marmonné “mais papa, y a pas école aujourd’hui, c’est les vacances…” Elle a mis du temps à comprendre que c’est le bébé qui arrivait. Bref, il est 7h30 et nous partons à l’hôpital. Je n’en peux déjà plus, les contractions sont devenues super douloureuses, et se situent plus dans les reins que dans le ventre… A l’arrivée à l’hôpital, les contractions se sont encore rapprochées, c’est toute les 5 minutes maintenant.

On arrive doucement au deuxième étage, c’est là qu’est la maternité. J’ai très mal. On s’arrête à chaque contraction et je m’appuie sur Patrice. On sonne à l’entrée du service. Une dame qui faisait le ménage dans le couloir va chercher quelqu’un. En attendant je m’assied sur une chaise devant la porte. Et on attend. Personne n’arrive. Patrice ressonne, et finalement on vient nous ouvrir. Une sage-femme blonde nous accueille avec une élève puéricultrice (j’ai oublié leurs noms) et nous installe dans la salle de monitoring. Elle m’envoie aux toilettes faire pipi dans un gobelet en plastique. C’est la porte juste à coté, heureusement! Là je perd le bouchon muqueux. C’est donc à ça que ça ressemble? C’est mon troisième accouchement, et pourtant je n’avais jamais vu le bouchon muqueux… C’est pas très appétissant. Pendant que je suis aux toilettes j’ai trois bonnes contractions. Je retourne dans la salle de monito où la sage-femme et Patrice m’attendent. Elle me demande si j’ai eu une contraction quand j’étais aux toilettes. Non, j’en ai eu trois. Ha!

Elle me branche au monito, puis elle vérifie mon col. Je suis à trois! C’est comme si elle m’avait annoncé la fin du monde! Seulement trois… J’ai si mal, et les contractions sont maintenant si rapprochées! Je pensais en être bien plus loin que ça. J’ai seulement gagné un malheureux petit centimètre… Tant pis, je demande la péridurale à la sage-femme. Je lui demande aussi si je suis obligée de rester sur le lit, elle m’autorise alors à me lever. Tant que ça capte les contractions et le bébé c’est bon pour elle. Je me met debout à coté du lit, et je m’appuie sur le lit, me pliant en deux à chaque contraction. Maintenant elles sont à la fois dans le ventre et dans les reins. J’ai un mal de chien, je pensais que je pourrais gérer, je connais pourtant les douleurs, mais là le cumul du ventre et du dos…. Je perd pied. Elle me fait la prise de sang et me dit que dès que les résultats seront là j’aurais ma péri. Ouf! J’ai dû me rassoir sur le lit pour qu’elle me pique. J’y resterais, incapable de bouger. Elle m’aide à me concentrer quand les contractions arrivent, ça me fait du bien. Je balance mon bassin de droite à gauche, ça ne me soulage pas, mais j’imagine que ça doit aider le bébé à descendre dans le bassin. Après la prise de sang elle s’en va. Nous restons là, moi branchée au monitoring, et Patrice impuissant face à ma souffrance. Je me rend compte que je gère très mal la douleur, pourtant je fais du mieux que je peux. Le temps passe lentement, rythmé par les contractions. Je devais rester 1/2h, mais la demie heure est passée et je suis toujours branchée. Je sonne. Ca fait 3/4 d’heure, et en plus ça ne capte plus les contractions. C’est l’élève puéricultrice qui vient, je lui dis que ça ne capte plus. Elle repart, puis revient pour me dire que c’est pas grave, elles ont se qu’il faut. Et elle repart à nouveau, me laissant avec mon monitoring inutile.

Finalement la sage-femme vient me débrancher, et me propose de passer en salle de prétravail, où je pourrais aller sous la douche. Je lui demande si je peux avoir un ballon en plus de la douche. Elle m’installe. Me voilà sur le ballon, faisant “rouler” mon bassin, me passant de l’eau chaude sur le ventre. Ca fait du bien au ventre, mais ça ne soulage pas du tout le dos… Pendant que je suis sous la douche Patrice est parti acheter le journal, il s’occupe comme il peut. Moi j’essaye plusieurs positions, et je fini par me retrouver à 4 pattes, le torse sur le ballon, la douche coulant sur mes reins. Changer de position a été très dur, j’ai l’impression que la douleur ne part pas complètement entre les contractions. Elles sont si rapprochées! J’ai l’impression que ça pousse! Il va falloir que quelqu’un m’aide, le bébé va arriver. Je sonne. Une femme que je n’avais pas encore vue vient et me demande ce qu’il y a. Je lui dis que le bébé va arriver. Elle part chercher la sage-femme, puis revient. Je suis toujours à 4 pattes, incapable de me relever toute seule. Elle m’aide, me sèche succinctement, et nous partons en salle d’accouchement.

C’est la salle que nous avions visitée, avec une super table qu’on peut moduler comme on veut. On peut même accoucher accroupie, suspendue, bref, c’est le top du top. Je suis heureuse d’avoir cette salle, les autres ne sont pas aussi bien équipées.

Il est 10h30. Je m’affale sur ce super lit, et la sage-femme regarde où en est mon col. 5 cm. 5 cm! Mais ça n’avance pas!!! Je désespère! Le monde s’écroule autour de moi, je ne vais jamais y arriver!!! A chaque contraction qui arrive je ferme les yeux mais je suis au bord de la panique, ensuite j’arrive à reprendre un peu le contrôle et à respirer, mais je sais que je ne pourrais plus maitriser ça longtemps. Patrice me donne sa main, je n’ai pas envie de la serrer, je le tiens doucement. Si je commence à serrer fort je ne pourrais plus me détendre pendant les contractions, tout mon corps va se contracter en même temps que ma main. Tout ça ne tient qu’à un fil, un fil très fin et très fragile, un tout petit fil… Si il se rompt, je vais perdre le moindre contrôle de moi, je vais me mettre à hurler, et je ne serais plus que douleur. Il FAUT que ce fil tienne! Je suis sur le coté gauche, je grimace, je pèse des tonnes, je ne peux plus bouger. Je ne suis pas bien installée, mais je ne peux pas bouger, je n’en ai pas la force, je suis paralysée par la douleur.

La sage-femme va voir si les résultats de ma prise de sang pour le péridurale sont revenus. Je crois qu’elle a pitié de moi. Ils sont là, elle appelle l’anesthésiste. Il est 10h40 quand il arrive. C’est celui que j’ai vu en consultation un mois plus tôt. il se souvient de moi. On me branche de partout, on m’a remit un monitoring, ça me gène, j’ai des électrodes sur le torse, un capteur sur le doigt. Il désinfecte mon dos, je suppose qu’il est sur le point de piquer quand une nouvelle contraction arrive, elle est différente des autres, elle fait encore plus mal, et… Un liquide chaud coule entre mes jambes. Je crois que j’ai dû gémir, j’ai mal. Je suis toujours sur le coté, j’essaye de soulever ma jambe, il faut que je fasse de la place à la tête du bébé. Je préviens la sage-femme que j’ai perdu les eaux, qu’il faut que je pousse! Il n’est plus temps pour la péri, on remercie l’anesthésiste. Une nouvelle contraction arrive, je pousse. C’est la panique autour de moi, elles ne sont pas prêtes. Elles installent la table d’accouchement, me forcent à me mettre sur le dos (pourquoi?) et à avancer sur la table, placent mes pieds. La sage-femme se fait mettre ses gants, et elle me dit de pousser. Comme si je l’avais attendue. Je ne peux pas contrôler ça, il faut que je pousse, c’est vital, je ne contrôle rien du tout. La contraction passe. J’ai toujours mal. Patrice me dira plus tard qu’elle a gardé sa main autour de la tête du bébé, j’ai donc une tête de bébé plus des doigts qui m’écartèlent le vagin… Pas glop. La contraction suivante arrive, je pousse en bloquant ma respiration, tout en pensant que je ne devrais pas faire comme ça, que je force encore plus sur le périnée, je ferais mieux de souffler en poussant. Mais je ne contrôle pas. La contraction passe, la sage-femme m’exhorte à continuer de pousser, après un moment d’incompréhension et d’hésitation je me remet à pousser, c’est dur de pousser pendant le moment de repos, je ne sais pas si j’y arrive ou pas. Une contraction arrive et je suis enfin certaine d’être efficace. Je crie! Ça fait mal, j’ai l’impression d’être complètement déchirée. Enfin mon bébé est là. Sur mon ventre. Tout bleu.

Nous sommes le 8 juillet 2008, il est 10h47. Mais tout n’est pas fini.

La sage-femme demande à Patrice si il veut couper le cordon, ce qu’il fait, et aussitôt le placenta arrive. Il a suivi le bébé de très près, il devait être déjà détaché, c’est sûrement pour ça que le bébé est bleu. Encore une fois elle est prise de court. Elle s’excusera même auprès de Patrice d’avoir coupé le cordon à sa place mais ça a été trop rapide pour qu’il le fasse. Alors qu’il l’a bel et bien fait!

Jaya est là, sur moi, elle reprend doucement une couleur normale. Elle pleure un peu, mais se calme vite. Je demande à la s-f si j’ai été déchirée. Elle ne sait pas, il faut qu’elle regarde. Elle commence donc à faire mes soins, et, miracle, je n’ai rien du tout! Je sens que ses mains tremblent. Je soulève Jaya pour la regarder sous toutes les coutures : elle n’a pas de tache de naissance. J’en suis heureuse. La femme qui m’a aidée à sortir de la douche s’avère être la puéricultrice. Elle me demande si je veux qu’on nettoie le bébé, ou au moins qu’on l’essuie. Je lui dis que non, et Patrice en profite pour dire qu’on ne veut pas d’aspiration, ni qu’on sonde notre fille. Elle accepte. Ouf. Merci Patrice, j’avoue que je ne pensais pas du tout à tout ça. J’en profite pour dire que je ne veux pas qu’on la baigne, non, même pas un nettoyage de cheveux, rien du tout. Et la pesée ne presse pas. Elle veut m’aider à mettre Jaya au sein, mais je refuse. Je leur dis qu’ils peuvent nous laisser seuls, on va se débrouiller. Elle tourne encore un peu dans la pièce et fini par partir. Nous voilà tous les trois, on peux enfin faire connaissance avec notre enfant. Jaya se rapproche de mon sein tout en tétant ses doigts. Je l’aide en la mettant au plus près de mon sein, mais elle n’est pas prête à téter. Elle préfère son pouce. A chaque fois qu’elle met mon sein en bouche elle le repousse de la langue en faisant la grimace.

La sage-femme, la puéricultrice et l’élève puéricultrice reviennent au bout d’un moment, regardent si je n’ai pas d’hémorragie. La sage-femme a été appelée pour une césarienne, alors elle ne peut plus attendre, il faut faire les soins du bébé. Pas de problème, il faudra bien que ça soit fait. Donc je leur tend ma puce. En faisant ça je me rend compte que ma puce n’est pas du format crevette, elle a l’air plutôt potelée. je leur dis qu’elle doit avoir un bon poids. La puéricultrice a l’air plutôt sceptique, ça serait un bébé dans la moyenne pour elle. Verdict de la balance : 3kg820! c’est moi qui ai raison. Elle la mesure, lui met les gouttes dans les yeux (zut, j’ai oublié de leur dire qu’on n’en voulait pas non plus!) et lui met une couche. Puis me rend mon trésor. Tout le monde repart. Patrice sort un moment, il envoie les sms à tout le monde pour annoncer la naissance, passe quelques coups de fil… Je suis seule avec ma Jaya… On se regarde, je l’admire. Elle fini par téter un peu, puis s’endort. Patrice revient, puis repart, en me laissant le téléphone qui n’arrête pas de sonner.
J’ai mes parents au téléphone, je leur annonce la naissance de Tinariko. Tinariko est leur 6ème petite fille! Une petite Jaya. Jaya est déjà une sacrée chipie, puisqu’elle aura attendu que ses grands-parents soient dans le train qui les emmène loin d’elle pour 5 jours pour pointer le bout de son petit nez.

Pour le reste le séjour à l’hôpital s’est bien passé. Je suis restée 24h, puis je suis sortie, contre l’avis du pédiatre, mais avec le soutien des sages-femmes. Le retour à la maison s’est très bien passé. Patrice assure comme un chef à la maison. Il s’occupe de tout, d’Eloa et de Hina, comme du ménage. Je n’ai rien à faire, seulement m’occuper de Jaya. C’est un bébé calme, qui ne réveille sa maman qu’une fois par nuit. C’est un amour. Ce sont tous des amours. Ce sont mes amours.

lundi, 28 mai 2007

Bébé Tom

Hier Laëtitia a donné naissance à un beau petit bonhomme prénommé Tom. Il est arrivé naturellement et très rapidement, au plus grand bonheur de sa maman qui en doutait pas mal… (C’est bien bébé Tom, tu commence bien dans la vie, tu a s déjà compris un des principes de base: il faut faire plaisir à maman!)
C’est un très beau bonhomme de 50cm pour 3kg160.
Et voilà maintenant Fred et Let embarqués dans une nouvelle vie à 4, une vie où il va falloir trouver à nouveau ses marques, surtout pour Joan qui vient d’être promu grand-frère. Devenir un grand-frère c’est pas toujours facile, mais c’est finallement bien agréable, il faut juste passer le cap. J’espère pour tous que ça se fera en douceur.

En attendant, voilà une occasion de plus pour moi de pouponner!

La petite merveille…

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dimanche, 6 mai 2007

Mathis

Le mois de mars a vu lui aussi l’arrivée d’un beau bébé. Sandra, ma copine à moi, et la maman de Tiffanie la copine d’Eloa (c’est pratique, ça fait d’une pierre deux coups quand on se voit) a mis au monde un magnifique petit garçon. Bonheur bien mérité pour elles et pour Christophe, l’heureux papa. Voilà une bien belle famille, recomposée soit, mais famille de coeur sans aucun doute.

samedi, 5 mai 2007

Bidou le retour!

Des photos du joli bidou de Joëlle, pour poursuivre ce “suivi de grossesse”. Bon, un peu tard je vous l’accorde puisque Joëlle a donné naissance le 3 mai à une “petite” Léane!
Félicitations aux heureux parents et à la nouvelle grande soeur! Tu vas voir Maëline, le métier de grande soeur sera passionnant! Déjà d’ici quelques semaines ta petite soeur te regardera avec admiration, ne te lachera pas des yeux. Tu sera une source d’éveil formidable pour elle.
Pour rentrer dans les détails, Léane est un beau bébé puisqu’elle faisait 52 cm et 3,890 kg à la naissance. C’est aussi une petite goulue, elle reprend déjà du poids! Vive le bon lait de maman! (et les nuits blanches!)
Et parait-il qu’elle ressemble étrangement à Maëline, avec des cheveux un peu plus clairs, dixit la jeune maman.

Plein de bonheur à cette famille qui s’agrandit.

J’en oublie les photos du bidou! Les voici de suite

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samedi, 24 septembre 2005

Joyeux mensiversaire Hina!

Et oui, 17 mois aujourd’hui, que ça passe vite! Presqu’un an et demi… Me voilà nostalgique. Mon petit bébé devient grand, elle court partout, elle commence à parler, elle grimpe partout, elle demande à se qu’on change sa couche, fait du toboggan toute seule… Et tellement d’autres choses! Le temps passe vraiment trop vite.

Hier à la maison des parents, il y avait une discussion sur le thème “naissance: séparation ou non?” avec un intervenant en maternologie. C’était super interressant. On a parler de beaucoup de choses, en commençant par savoir si nous faisions une différence entre les termes accouchement et naissance. Moi oui, je fais une différence, l’accouchement je perçois ça comme quelque chose de purement physique, comme l’expulsion du bébé, la séparation physique de la mère et de l’enfant. Alors que la naissance est l’arrivée au monde d’un nouvel être, d’un nouvel individu à part entière, c’est la rencontre entre les parents et leur enfant. C’est quelque chose de plus intellectuel, voir psychologique. On peut aussi parler de la naissance de la mère quand elle apprend à être maman, qu’elle apprend à reconnaitre les pleurs de son enfants, les réactions que ça déclenche en elle, ou alors de la naissance de l’enfant au monde, d’un point de vue intellectuel, quand à un certain âge il s’ouvre à l’exterieur. D’ailleurs pour ce consultant en maternologie, un enfant autiste est un enfant qui n’est pas “né” au monde. Bref, c’est un terme beaucoup plus large.
Il nous a aussi parler du “protoregard”, le premier regard du nouveau-né, qui serait très spécial, et déclencherait beaucoup de choses pour les jeunes mères. Un regard qui d’après lui aiderait beaucoup de mères en difficulté affective avec leur bébé si elles le voyaient. Un regard qui exprimerait quelque chose comme “mais où je suis, au secours, aide moi!” et que personne ne voit parce qu’on nous met nos enfants sur le ventre de façon à ce qu’on voit leurs fesses. C’est vrai que c’est passionnant les fesses des bébés! Ca m’a refait penser à mes accouchements, surtout à celui d’Hina. Il aurait pu être parfait si j’avais pu voir son visage tout de suite. Sans parler de ce protoregard dont je ne connais rien, je me rappelle que les premières minutes avaient étés très dures parce que je ne voyais que cette énorme tache sur son ventre. J’étais sûre de l’avoir ratée. Je cherchais à voir son visage, mais je ne pouvais pas, alors je demandais à Popi comment elle était. Je lui ai posé la question plusieurs fois, parce que pour moi, j’aurais aussi bien pu faire un monstre, ça aurait été la même chose. Mais je ne voyais pas. J’en avais les larmes aux yeux, j’imaginais… Je ne sais pas ce que j’imaginais. Mais pas une si belle petite fille. Alors, oui, voir le visage de son enfant c’est très important, leurs fesses ne nous interressent absolument pas. Moi je voulais tout lui donner à ce petit être, et elle était là, posée sur moi, à essayer de monter vers mon sein, et elle était une étrangère que je ne pouvais pas encore reconnaitre comme la mienne, parce que la reconnaissance de quelqu’un se fait par le visage, et par le regard. Ca s’est fait un peu plus tard, mais j’ai vraiment eu peur, et je répétais, ou alors c’était peut-être en mon for interieur, “je l’ai ratée, je l’ai ratée, je l’ai ratée…”

C’était il y a déjà 17 mois.